c’est écouter la matière avant de la toucher.
La terre dort, lourde de silence,
elle respire encore les sols qu’elle a quittés,
l’argile garde en mémoire la pluie.
On l'approche sans brusquer,
comme on entrerait dans une confidence.
Les mains cherchent, hésitent,
se couvrent de terre et de doutes.
Chaque geste enlève autant qu’il révèle.
On ne fabrique pas une forme :
on la délivre.
Le temps ralentit.
L'ébauchoir devient un battement de cœur,
l'estèque une main courte et précise.
Parfois la matière résiste,
parfois elle cède soudain,
et alors tout s’éclaire.
La sculpture naît entre la force et l’écoute,
entre ce que l’on veut dire
et ce que la matière accepte de dire avec nous.
À la fin, il reste une présence,
immobile mais vivante,
et sur les mains,
la preuve qu’un dialogue a eu lieu.
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